Recherche du collège européen d’ostéopathie de Strasbourg (COS) : les origines.

massage ostéopathique

La naissance d’un projet ou la rencontre de personnes

Ce projet est à le résultat d’une rencontre entre Franck Garnier et Vivien Braccini.

Franck est ostéopathe et coordinateur pédagogique au collège d’ostéopathie de Strasbourg (COS). Dans le cadre des nouvelles normes administratives, et parce qu’il avait l’envie de mieux cerner son activité pédagogique, il a passé le master de pédagogie de la santé de l’Université de Strasbourg, durant l’année 2014/15. Il était alors préoccupé par les différences de performances entre des groupes d’étudiants pourtant sensés suivre les mêmes enseignements. Très vite il s’est interrogé quant à la formation des formateurs et l’influence des pratiques pédagogiques sur la performance des apprentissages des étudiants. Une question qu’il a pu approfondir durant ce master à l’occasion de l’étude finalisant le diplôme.

Vivien Braccini, ancien responsable de formation dans le milieu éducatif associatif, était sur le point de finaliser sa thèse lorsqu’il a accepté d’intervenir dans ce master. Ses interventions portaient sur la compréhension des processus d’apprentissage chez les adultes, sur les pratiques pédagogiques (ou andragogiques) qui en découlent, et sur les ingénieries de formation dans une organisation.

Franck ayant perçu un intérêt de l’approche proposée pour son cas, il a proposé de rester en contact en vue d’une collaboration future. Mais il a fallu attendre l’été 2016 pour que les deux « acolytes » se retrouvent autour de l’écriture rendant compte de l’article de fin de son Master.

L’objet de recherche se dessine

L’article portait sur les résultats d’une enquête préliminaire concernant les pratiques et les représentations des formateurs en osthéopathie sur leur métier de formateur. Cet article a, depuis, été publié dans la revue d’ostéopathie (Garnier et Braccini, 2017). Les résultats de ce travail montraient l’intérêt pédagogique pour l’école d’ostéopathie de concevoir un référentiel de compétences de formateur spécifique à l’ostéopathie, et de mieux définir les pratiques de formation dans cette discipline particulière. En effet, l’ostéopathie mêle une quantité importante de savoirs académiques à un niveau élevé de compétences pratiques. Cet exigeant mélange implique une forte professionnalisation des étudiants, futurs praticiens en santé, qui repose sur une forte appropriation des savoirs académiques nécessaire à la construction des modélisations mobiliser par les professionnels de santé dans la conduite de leurs gestes de soin et dans la définition de leurs comportements avec le patient. De cet article est née la conviction pour les deux hommes de devoir monter une démarche de recherche portant sur la formation des formateurs au sein du COS de Strasbourg. C’est ainsi qu’en janvier 2017, suite à la présentation interne de l’étude, les auteurs ont porté auprès de la direction du COS de Strasbourg, une proposition consistant à monter un projet de recherche participative sur le changement des pratiques de formation.

L’apparition d’un nouvel acteur de recherche : PSI

Cette proposition, guidée par l’étude préliminaire, préconisait d’utiliser la création d’un référentiel de compétences de formateur pour initier une nouvelle dynamique réflexive sur les pratiques d’enseignement et de formation. Cette proposition a vu rapidement naître le cadre légal qui lui manquait pour exister : la création d’un poste de chargé de recherche pour Vivien Braccini, au sein de PSInternational, petite filiale de PSInitivite. Grâce à l’investissement d’une business angel et à la proposition d’un projet de R&D, Vivien Braccini a pu se faire recruter au poste de chargé de recherche au sein de PSI.

La promotion interne du projet

La proposition de recherche ainsi cadrée a fait écho auprès de Pascal Ingweiler, directeur du COS. Cette structure conduisait un projet de changement pour répondre aux nouveaux décrets du ministère de la santé régissant la branche professionnelle. M. Ingweiler nous a encouragé à partager cette réflexion auprès de l’ensemble du réseau Franc’ostéo et de la présidence du groupe Nov’étude dont il fait partie. Il est à noter que Franc’ostéo est en passe de devenir l’un des plus grands réseaux d’écoles d’ostéopathie françaises. Dans le contexte de structuration de ce champ professionnel, la présidence et la direction de ce réseau se sont montré enthousiastes pour des raisons aussi bien pédagogiques que stratégiques. En effet, on ne peut manquer le lien qui relie la qualité des enseignements des écoles, à leur image et donc à leur développement. Si l’ensemble des directions partageaient les préoccupations et les problématiques identifiées par Franck Garnier, le réseau a néanmoins posé des conditions au soutien du projet de recherche. En effet, il souhaitait que cette recherche soit menée dans le cadre d’une thèse de doctorat.

L’introduction de nouveaux acteurs dans le projet

Cette exigence se justifiait d’une part, par la nécessité pour le réseau de développer une activité de recherche qu’implique la délivrance de diplôme de niveau II , et d’autre part, par le besoin de renforcer les compétences de recherche du réseau dans la perspective éventuelle de structurer un département de R&D en pédagogie d’ostéopathie. Un professeur des universités devenait donc indispensable au projet, étant donné que Vivien Braccini n’était pas habilité à diriger des recherches. Grâce à son statut de chercheur associé du LISEC, il a pu convaincre la Professeure Laurence Durat d’accompagner ce projet. Une collaboration a été établie, dans laquelle Franck Garnier devient à partir de septembre 2017 Doctorant en Sciences de l’éducation à l’Université de Haute Alsace. Il sera dirigé par le Pr Laurence Durat et co-dirigé par le Dr Vivien Braccini. Ce trio va s’associer à un groupe de travail issu de l’école de Strasbourg et aura pour mission de partager leurs travaux avec le réseau Franc’ostéo pour impulser une dynamique globale.

Les effets bénéfiques du partenariat multiple

Un accord de collaboration a pu être trouvé entre le COS, PSI et l’Université de Haute Alsace (UHA) avec l’accompagnement de CONECTUS. Ce dernier est en charge de la valorisation des activités scientifiques des Universités de la région Grand Est dans le secteur socio-économique. Cette collaboration s’avère être un échange profitable à toutes les parties. PSI a apporté le projet de recherche à l’Université et mobilise une force de travail pour soutenir l’animation et la conduite de celui-ci. De par son caractère participatif et transformateur, ce type de projet peut s’avérer lourd et périlleux à piloter dans le cadre de la préparation d’une thèse de doctorat où l’on se retrouve souvent seul sur le terrain. PSI renforce également l’action du laboratoire du LISEC à travers les futures publications et communications de son chargé de recherche. De son côté, le COS, en cherchant à modifier ses pratiques et son fonctionnement, offre un terrain réel de recherche. Un terrain idéal pour mieux cerner les phénomènes qui se déroulent dans le monde de l’entreprise et des écoles privées. Le collège investit les fonds du projet de recherche qui rendent l’action possible, et doit récupérer un retour sur investissement à moyen terme en améliorant la qualité de ses prestations. Quant à l’UHA, de par son rôle de structure porteuse de la recherche, elle améliore l’assiette de calcul du crédit d’impôt recherche pour le COS, et garantit la validité scientifique de la recherche. En outre, elle retire pour elle-même une meilleure implication de ses enseignants chercheurs dans le monde économique, et contribue ainsi au rapprochement du monde académique à celui socio-économique. Une expérience pouvant être mise à profit dans le cadre de la professionnalisation des étudiants. Cette collaboration permet enfin l’émergence d’une nouvelle forme de recherche privée qui entre en synergie avec la recherche publique.

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